• 07Oct

    Interview : Les Fatals Picards au 7ème ciel !

    Le 14 octobre sortira le 7ème album studio des Fatals Picards,

    l’occasion pour Exact Music pour poser quelques questions au guitariste Laurent Honel.

     

    Bonjour Laurent, tout d’abord j’aimerais savoir quel a été ton parcours musical ?

    Mon parcours est un peu chaotique finalement, j’ai commencé la guitare assez tard, à 16 ans, comme je porte des lunettes il fallait bien que je trouve un moyen de plaire aux filles !

    J’ai fait une école de musique, je n’ai pas joué dans beaucoup de groupes, jusqu’à rencontrer Ivan le fondateur des Fatals Picards en 2000, on va dire qu’à partir de là j’ai vraiment appris le métier.

    Comment as-tu rejoins les Fatals ?

    Grâce à un ami commun, à la base les Fatals Picards c’était un site internet et quand Ivan a décidé de faire de la musique, il recherchait des mecs pour jouer avec lui et comme j’étais guitariste et que j’aimais écrire, il m’a fait passer une audition qui a duré deux minutes, elle consistait plus à savoir si je savais faire la différence entre un Bourgogne et un Bordeaux et il se trouve que je ne suis pas mauvais dans ce domaine. (rire)

    Quelles ont été tes influences musicales ?

    J’ai commencé par écouter beaucoup de guitaristes comme Stevie Ray Vaughan ou Marc Knopfler mais j’écoutais aussi beaucoup de chansons françaises. J’ai été élevé sur du Brassens, Renaud, Léo Ferré, tous les grands artistes français. Après dans mes textes je m’inspire surtout de Renaud qui est une influence qui me colle un peu trop à la peau mais je la revendique.

    Votre album « 7ème ciel » sort le 14 octobre que peux-tu nous dire sur celui-ci ?

    Déjà il est très beau, car pour une fois, on ne nous voit pas sur la pochette (rire). Il s’appelle le 7ème ciel car c’est notre 7ème album. Il est dans l’esprit des Fatals Picards, très éclectique musicalement ; on se pose des questions assez débiles, est-ce qu’il y a des Punks au Liechtenstein ? ou est-ce que nous pouvons pratiquer le twist à Fukushima ?  Puis des sujets plus sérieux il y a un morceau ou nous parlons des femmes battues (Gros Con), il y a un morceau un peu bizarre qui s’appelle PPDE (Petit Poisson D’Elevage) qui est un morceau très punk rock décalé avec des jeux de mots, mais qui pose des questions sur la malbouffe.

    fatalP_Cover

    – 7ème ciel, Pourquoi ce titre ?

    On a commencé à chercher des idées autour du chiffre sept, il y a eu plein d’idées et on s’était dit que 7 ème ciel ce serait bien, puis on a trouvé cette photo de l’homme canon, qui ouvrait plein de portes en termes d’interprétation. J’aime bien quand il y a le fond, la forme et en plus une dimension symbolique, ça me fais rire cette histoire d’homme perché sur son canon qui regarde un ciel dont on ne sait pas dans quelle mesure il pourra l’atteindre… On peut réfléchir des heures dessus, c’est typiquement le genre de sujet qui peut tomber en philo, au bac. (rire)

    – La pochette rappelle beaucoup 666.667 Club de Noir Désir est-ce voulu ?

    Ouai, mais nous n’y avons pensé qu’après avoir choisi la photo de l’homme canon, c’est un peu un hasard en fait même si j’aime beaucoup Noir Désir, en même temps des albums français connus avec un ciel bleu il n’y en a pas des masses.

    J’ai l’impression que sur cet album vous avez pris votre temps de bien le préparer pour qu’il soit le meilleur possible ?

    En fait je n’avais pas d’inspiration pendant 4/5 mois, surtout que nous avions un emploi du temps chargé sur la route, je n’avais pas d’idée de chanson pour la 1ère fois de ma vie. Ca a tout décalé, par contre quand c’est revenu, effectivement on a pris le temps de bien travailler les morceaux, en les répétant et en les jouant sur scène. Tu sais on est parti tellement loin musicalement avec les Fatals, surtout que nos albums sont très peu produits, que l’on donne sans cesse l’impression de progresser, alors qu’en fait nous avons juste passé plus de temps en studio, c’est tout.

    Pop, twist, punk sombre, classic rock et même votre 1er titre heavy metal, jamais vous n’avez été si rock n’roll ?

    Oui, ce qui est important pour nous c’est la scène et c’est vrai qu’il y avait toujours un décalage entre nos albums et ce que nous faisions en concert, où nous avons toujours été très énergiques, beaucoup plus rock que sur disque. Celui-là s’harmonise mieux avec ce que nous proposons en live,  il y a des morceaux très punk-rock, d’autres très « chansons », il y a même un bal musette improbable…

    Culturellement les Fatals ont toujours été très rock, Paul le chanteur a été élevé à la sauce Guns N’Roses et Ramones, moi j’ai toujours été friand du métal, par exemple je revendique mon amour pour Rammstein, Yves le bassiste-guitariste est fan de métal ça va de Queen of the Stone Age au Black Keys, et même si nous ne sonnons pas comme eux, en tant qu’auditeurs nous aimons beaucoup.

    – Il y a de la recherche dans les mélodies, du violon, de l’accordéon et même une sonorité asiatique sur « Atomic Twist »…

    Par exemple pour Atomic Twist, j’ai eu l’idée du thème de la chanson ainsi que d’en faire un twist,  la musique de fond est un traditionnel japonais qui s’appelle Sakura c’est un morceau qui raconte le côté éphémère des choses et nous trouvions intéressant de l’accorder sur une chanson qui parle du nucléaire.

     Comment se passe la composition d’un morceau chez les fatals ?

    En général c’est moi qui écris les textes, sur la base d’un simple riff, ensuite je le passe à Yves qui aime bien arranger nos morceaux, les maquetter, rapporter des sons, c’est son truc.

    L’autre grande première de cet album est le duo avec le roi Didier Wampas, que vous connaissez bien je crois ?

    Didier est un ami, il aime beaucoup ce que nous faisons, il était déjà venu sur scène pour notre 2ème Olympia. Quand nous avons composé « Punk au Liechtenstein », on trouvait que ça sonnait bien et que ça lui plairait, nous lui avons donc proposé de venir la chanter avec nous et il a accepté. C’est aussi lui qui nous a donné envie de faire ce métier car quand on était plus jeune, les Wampas, sur la scène rock indépendante française c’était une référence,

    Il y a aussi le retour des pistes mal cachées vous aviez envie de faire plaisir aux fans de la 1ère heure ?

    Oui, cette fois-ci, on a fait le choix d’en mettre, c’est toujours compliqué car quand on change les gens nous disent « mais pourquoi il n’y à pas de pistes cachées sur cet album? » et quand tu les laisses d’autres te disent « vous faites encore ça ? ». Certaines chansons ont eu beaucoup de succès auprès de notre public, comme « Punkachien » que nous jouons sur scène, ou « la Ferme » qui a eu beaucoup de succès sur internet.

    Après avoir fait plus de 1000 concerts peux-tu nous dire le souvenir qui t’a le plus marqué ?

    J’ai un contraste entre 2 souvenirs qui vont quand même ensemble, il y a 7 ou 8 ans lors d’un concert à l’Ouvre boîte à Beauvais, dans une salle pleine on a fait un concert dans une ambiance de feu, puis le lendemain on a joué en Belgique devant 2 personnes bourrées qui nous insultaient. Sinon il y a le faux concert à l’Eurovision ou quand tu joues en rose devant 13 000 personnes c’est forcément des souvenirs dont tu te rappelles, ou du moins c’est les gens qui le font pour toi (rire)

    – Vous restez proche de votre public, grande ou petite salle vous allez toujours à leur rencontre après votre concert…

    Chez les Fatals Picards c’est un principe de base, sans le public on ne serait rien, c’est un respect que l’on doit avoir pour eux. Et puis certains des textes que j’écris viennent souvent de discussions que je peux avoir avec eux, après les concerts, ou sur Facebook. C’est donc essentiel pour moi aussi.

    – A un moment donné en concert tu changeais souvent de matériel comme si tu cherchais ton son, l’as-tu enfin trouvé ? 

    Le problème, c’est qu’avec les Fatals nous n’avons pas un son précis et comme il faut minimiser le matériel sur la route, il a fallut que j’arrive à homogénéiser.

    J’ai trouvé un fabricant de guitare, en Allemagne, qui s’appelle Duesenberg, c’est incroyable car sur ses guitares tu peux tout jouer, des trucs cool, comme du rock assez vénère c’est un instrument très polyvalent que je branche sur une tête Hiwatt SP100.

    – Vous avez été le 1er groupe français à avoir eu votre émission de télé, vous continuez l’aventure avec l’apérock, quel est le concept ?

    L’idée de l’apérock, c’est de retracer l’histoire d’une chanson ou d’un style avec des éléments de l’apéritif, j’aimerais bien par exemple retracer l’histoire du Moonwalk avec des saucisses apéritives.

    Pas mal ton idée avec les saucisses Jean Caby

    je préfère Herta, c’est plus fidèle à l’esprit de Michael Jackson (rire)

    – Quand tu es en « off » qu’écoutes-tu comme musique ?

    En ce moment, j’écoute beaucoup la B.O du film Alabama Monroe, c’est un bluegrass sinon j’aime bien le dernier album de Stromae.

    – Comment vois-tu les Fatals dans 10 ans ?

    Ca va dépendre de 3 facteurs, l’amitié qui nous lie, qui pour le moment est inaltérable, la condition physique et la créativité car il faut quand même écrire les morceaux.

    Merci à Laurent pour sa disponibilité.

    Retrouvez l’album sur : Amazon ou Itunes

     

    Interview réalisée le 30 septembre 2013 par Florian Da Cunha pour Exact Music.

     

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